Avia - TopModel CZ

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Type de kit: Moto-Planeur RTF 3axes et volets. Fuselage fibre, Aile (et stab en Vé) balsa avec longeron en tube carbone et BA en jonc carbone.

Caractéristiques prévues :
E : 2500mm (MH32 modifié), L : 1310mm, P : 1.1 à 1.3kg, Mot. : Axi 2814/12

Motorisation: 150 à 200W avec une 10x6 ou 11x6. Pour moi un Turnigy Aerodrive SK de 35mm et 910 de Kv.

Poids : 1200g

Les plus du kit :  Moto-Planeur léger pour chasser la bulle avec un profil efficace et de belle construction.

Les moins : Vendu par TopModel.

Construction : 01/2010.

L’histoire a commencé quand j’ai cherché à remplacer l’Alpha27. Il me fallait plus léger, plus moderne, moins MPX !! Aux vacances 2009, JL Coussot dans Fly (N°174 de 09/2009) essaie un truc qui vient d’arriver chez TopModel : l’Avia. Une plume de 2.50m, électrifiée pour aller partout, avec un profil moderne et des volets pour s’arrêter sur un timbre poste.
Le temps de vérifier que son grand frère, le Gracia à 3.07m, ne sera pas disponible avant fin premier trimestre 2010 et surtout sera vendu 390€ !!! (165€ plus cher !!!) Je pars à la chasse pour trouver le mien (d’Avia à 225€) en bleu et jaune. Pour gratter un peu sur le prix, je demande à Bat de me le fournir. Il m’économise régulièrement les frais de transport pour TopModel. Réponse très commerciale de Selles : « Je me réserve la vente des planeurs TM CZ ». Bon, merci quand même Jean-Michel, on a l’habitude avec eux et je profite qu’un copain fait l’aller-retour pour passer commande. En attendant la livraison, je me promène sur le web et avec Google il faut 2 mn pour trouver un revendeur de toute la collection planeurs TM CZ !!! à des prix évidement inférieurs : 199€ l’Avia et 359€ le Gracia !!!! C’est à Traunstein, un WE de Teck ou de soldes à Kircheim, vous passez Munich et juste avant la frontière (vers Salzbourg) votre Avia vous attend. Je dois être un peu spécial, mais je trouve qu’il y a vraiment un problème avec le commerce en France.
C’est un planeur léger, il est prévu pour une motorisation moderne (brushless/Lipo), la place est comptée, les bras de leviers sont adaptés et il mérite de pinailler les grammes.
Le fuselage est en fibre, reste à coller les platines de fixation du stab, de l’aile et du moteur. J’en ai profité pour remplacer le couple moteur par une fabrication adapté au moteur choisi.
Les plans (voilure et stab) sont conçus en nervures balsa avec longeron et bord d’attaque en carbone (tube et jonc). C’est super : léger, souple et bord d’attaque indestructible. J’ai testé !! A la pente, surpris par des volets mal compensés, je me suis pris de face une clôture à vache : 3 rangs de barbelé. Il s’est arrêté tout de suite l’Avia !!! Un peu de scotch pour boucher 2 ou 3 petits trous dans l’oracover et c’est reparti (avec la honte quand même).
Pas de D-Box sur l’avant, l’aile doit se tortiller en torsion, mais bof, je ne suis pas un compétiteur de haut niveau, et je n’ai rien senti. Par contre j’aime moins la fixation par 2 vis espacées de 35mm pour une corde de 200mm et 2.5m d’envergure. L’aile est mise en appui sur le bossage avant du fuselage (sous la verrière) pour éviter qu’elle bouge une fois serrée. La mise en croix n’est pas bonne (1.5cm quand même) et oblige à une correction avec une cale de ctp ajustée. De toute façon, les 2 vis serrées, l’aile se met où elle veut et bouge (5cm en bout d’aile) au moindre contact. J’ai finis par me dire qu’il n’était pas fait pour encaisser des G positifs ou négatifs mais j’aurais préféré les 2 vis sur la longueur de la corde, mais bon ce sera pour le prochain.
Ce qu’il faut bien prendre en compte à partir de là c’est le jeu entre les volets et la cellule. Pour éviter que les volets viennent se coincer en s’abaissant, il faut scotcher ailerons et volets en limitant à un minimum le jeu entre saumon/aileron et entre aileron/volet.
Rien d’autre à dire sur le montage, que les conseils habituels : tous les collages à l’époxy sur une FdV qui a été soigneusement dépolie avec du 80 ou du 100 et passer la machine plusieurs fois sur la balance à équilibrer pour trouver la meilleure implantation des composants. Celle qui est faite avec ZERO gramme de plomb. Dans l’ordre, de l’avant vers l’arrière :

  1. Groupe motopropulseur
  2. Contrôleur/AQ
  3. Récepteur
  4. Les 2 servos cote à cote. 

L’AQ est monté (velcro plus une ceinture en velcro) sur une platine la plus basse possible pour pouvoir l’avancer sous la bulle vers un centrage « maxi avant » (67mm). Mais suffisamment haut pour loger le contrôleur dessous. On commence là à penser encombrement minimum et donc optimisation des composants.
J’ai monté les servos à l’ arrière de l’ouverture du fuselage, le récepteur est juste devant.
Les câbles d’alimentation du contrôleur sortent derrière l’AQ et le connecte par l’avant. La boucle est naturelle et se manipule facilement (branchement, recharge des AQ, …)
Le plus embêtant (comme d’hab !) dans tout ça, sera de coller en trois points au moins les deux gaines de commande des volets d’empennage. Il faut jouer de l’aiguille à tricoter à rallonge et être économe sur la colle.
J’ai oublié de parler des guignols, ils sont jolis et bien découpés dans de l’époxy de 8/10ième mais il faut faire attention à leur sélection au moment du montage. Il y en a trois modèles différents. Pas de problème pour ceux qui commandent les volets, ils sont facilement reconnaissables à partir de la notice. Pour les ailerons et les gouvernes de stab, souvenez-vous que les plus petits iront se loger plus facilement dans l’ouverture arrière du fuselage. Sur la notice, je ne suis pas arrivé à distinguer ces deux modèles, j’ai mis les plus petits sur les stabs.
Le choix du moteur :
TopModel parle d’un X-Power et d’un AXI 2814/12, Jean-Louis nous fait ses fonds de tiroir sans aucune indication de consommation/performances.
Par contre l’AXI est bien documenté, c’est une marque de référence :
Pour du Lipo en 2 ou 3S, courant maxi à 35A pendant 60S et courant maxi au meilleur rendement : 15 à 25A
Diamètre : 35mm, Longueur : 37mm, diamètre d’arbre de sortie : 4mm, poids : 106gr
Hélice recommandée : 10x6 pour un planeur de 1200gr
Très cohérent tout ça pour notre Avia qui de 1100 à 1300gr devrait avoir besoin de 120 à 180W/Kg. Soit de 130 à 235W, donc le 2814/12 en 3S (3x3.3v nominal) devrait consommer de 130W/3.3Vx3= 13.33A  à 235W/3.3Vx3= 23.63A.
Reste à vérifier que les hélices proposées chargent bien le moteur (15 à 25A). Ce sont les essais au wattmètre qui le confirmeront !
Pour l’autonomie, n’oublions pas que c’est un (moto) planeur et que le temps moteur peut être limité. A 5mn, cela sera royal : 25Ax5mn/60*1000= 2083mAh
Il n’y a plus qu’à rajouté un AQ Lipo 3S de 2100mAh avec un taux de décharge d’un vingtaine d’ampères  (10C). On mettra un peu mieux que 10C, parce que ça n’existe plus et qu’avec un taux de 30C ou 40C, on fera fonctionner l’AQ plus doucement en décharge et donc plus longtemps (nombre de cycles).
Reste aussi à trouver la formule économique (les « choux », les dollars, les yuans, …) !
1)
- Moteur : AXI 2814/12 : 83.90€
- Contrôleur : JETI Advance 30Plus : 78.00€
- AQ: XPower Xtreme 35C 2200mAh 11.1V : 55€
Bon d’accord, tout ça c’est du Top qualité (AXI et JETI, d’accord. XPower ??? Je ne connais pas) pour 217€
2)
- Moteur: Turnigy Aerodrive SK Series 35-96 910kv: 12.76€
- Controleur: Turnigy Plush 25A Controller: 9.36€
- AQ: Rhino 2150mAh 3S1P 30C Lipo pack: 19.50€
Bon, encore d’accord, c’est pas beau, mais ça ne coûte que : 41.62€
Ah ! j’oubliai, 10.95€ de transport en plus et pendant que j’y suis et comme je ne suis pas sur de mon coup au niveau de la consommation, vous me mettrez :
- Contrôleur : TowerPro H40A Brushless Speed Controller à 7.01€
Il supporte 40A en continu. Voila, c’est tout, pour un total de 59.6€ !!! et je n’ai même pas osé compter les 15€ de Chronopost pour la boutique française.
Vous devinez que j’ai choisi l’option N°2. J’ai du matériel AXI, ElectronicModel, Jeti, CastleCreation, … mais là pour du loisir, une motorisation à 60€ me suffit largement. Vous me direz que je ne suis pas complètement cohérent car devant le moteur j’ai choisi des hélices Graupner/Aeronaut repliables: 10x6 et 11x6 ! Le top, mais en fait, je les ai trouvées à l’atelier au fond d’un tiroir et sur un cône turbo au bon diamètre.
Le choix des servos :
Pour moi : 4 Hitec HS85MG dans l’aile et 2 Hitec HS81MG dans le fuselage.
Du couple à ne pas savoir qu’en faire et des servos qui dépasse un peu du profil dans l’aile. J’aurai du les insérer plus près du longeron pour gagner les 0.5mm qui manquent. J’ai laissé de coté les bidules en mousse fournis pour monter les servos. Le fond des puits de servos est en balsa doublé fibre. J’ai collé 2 taquets en bois qui immobilisent le servo et je finis à la colle chaude. Les caches sont scotchés au double face.
Donc après, je sors une feuille Excel et je pose le problème :
Surface et inclinaison de la (ou des) gouverne(s), vitesse de vol et pression de l’air donnent l’effort axial. On prend en compte le rapport des bras de levier : guignol/bras de servo et hop, l’effort sur le servo en kg :

 

Gouverne

Long

larg

Nbe de
gouv.

Nbe de
servos

Debat
max

Inclinaison

Vitesse
kmh

Vitesse
ms

Pression

Effort
axial

Couple
gouv.

Levier
Guignol

F
Guignol

Levier
Servo

F sur
le Levier

mm

mm

mm

degrés

km/h

m/s

kg/dm2

kg

cm/kg

mm

kg

mm

kg

A vitesse standard de 30km/h :

Avia

Aileron

510

40

2

2

12

17.46

30

8.33

0.43

0.26

0.16

19

0.082

12.5

0.125

 

Profondeur

255

28

2

2

10

20.92

30

8.33

0.43

0.11

0.05

11

0.049

9

0.060

 

Direction

255

28

2

2

10

20.92

30

8.33

0.43

0.11

0.05

11

0.049

9

0.060

 

Volets

620

40

2

2

35

61.04

30

8.33

0.43

0.92

1.62

8

2.019

12.5

1.292

Des fois on accélère : 90kmh 

Avia

Aileron

510

40

2

2

12

17.46

90

25.00

3.83

2.34

1.41

19

0.740

12.5

1.125

Profondeur

255

28

2

2

10

20.92

90

25.00

3.83

0.98

0.49

11

0.444

9

0.542

Direction

255

28

2

2

10

20.92

90

25.00

3.83

0.98

0.49

11

0.444

9

0.542

Volets

620

40

2

2

35

61.04

90

25.00

3.83

8.31

14.54

8

18.172

12.5

11.630

 

 

En conclusion des servos de 8 à 15gr (1 ou 1.5kg) suffiraient avec une bonne marge de sécurité. Les seuls problèmes à traiter seraient de trouver des servos avec des accessoires « Mini » (bras et chape de servo) et d’éviter de sortir les volets en vol plein pot.
L’Avia sort de l’atelier à 1200grs. Tel quel, la balance confirme que la machine s’équilibre par variation de la position de l’AQ entre les valeurs préconisées : 67 à 75mm du bord d’attaque. Juste qu’en position avant maxi, j’ai un peu de mal à refermer la verrière (plus bas la platine !!).
Les débattements de gouverne sont réglés comme sur la notice et ma MPX4000 a en mémoire un nouveau programme adapté avec 3 états de vol : Vol, Transit (courbure négative) , Atterrissage (volets à 80° et ailerons relevés).
Test de motorisation :
Avant le terrain, un petit contrôle de consommation. Je commence avec le contrôleur 40A pour éviter d’endommager le petit.
Résultats :
Avec l’AQ chargé au 3/4:
- « Graupner Cam Folding Prop » de10x6 :    15A à 8350 tr/mn
- « aero~naut CAM Carbon » de 11x6 :  21A à 7850tr/mn
Avec l’AQ rechargé (+ 500mA):
- « Graupner Cam Folding Prop » de10x6 :    16.5A à 8750 tr/mn
- « Aero~naut CAM Carbon » de 11x6 :  23A à 8100tr/mn
Régimes maxi recommandés: 10x6 16000tr/mn, 11x6 : 13000tr/mn. Aux environs de 8000tr/mn, il y a encore de la marge.
C’est décidé, l’Avia volera avec la 11x6 et j’en profite pour monter le contrôleur de 25A.
Au terrain :
Les premiers vols sont faits avec les réglages préconisés, à la masse de 1200gr et ça le fait sans aucun problème.
Avec ses 200 watts, il monte comme une fusée sur une pente à 80°. Je me sers maintenant d’un inter à 3 positions pour la commande des gaz : 0, 50% et 100% de puissance. La montée initiale est faite à 100%  face a vent et bien souvent le reste avec 50% pour le repositionner en altitude.
C’est un planeur léger, mais il est vif aux commandes. Il réagit rapidement et précisément, il se contrôle donc en finesse par des déplacements limités des manches. Le problème serait de le sur-piloter. Oubliez les manches dans les coins et apprenez la finesse en 3 axes. J’envoie un ordre léger, je vérifie ce qu’il se passe et j’arrête ou j’accentue. Si vous êtes obligé de contrer, c’est loupé, il faut recommencer plus en douceur.
L’Avia est sensible à l’aérologie mais il a tout ce qu’il faut pour se défendre. Son profil lui permet d’accélérer pour aller voir plus loin, même dans un vent soutenu, il suffit de pousser un peu pour le voir avancer. Etonnant pour une machine de ce poids !! Je n’ai même pas éprouvé le besoin de mettre des volets en négatif. A la pente, à coté de fers à repasser, il vous permettra de voler et de revenir au pied. Bien sûr, l’aile toute de souplesse va se tortiller un peu, mais elle encaisse. Je dirai que la condition pas vent soutenu est d’avancé le centrage. Je n’ai pas pris le temps de vérifier, mais le réglage de compensation en phase d’atterrissage devrait être modifié en plus, à voir ??? sinon, souvenez-vous les clôtures à vache !!
Son vrai domaine reste la plaine et la chasse à la bulle et il s’y comporte comme un chef, avec un poil de courbure positive, il enroule facilement et signale tout ce qu’il ressent avec la queue : elle baisse, ça « dégueule », elle monte, ça pompe !!
Allez, 2 choses moins drôles. Il manque de contraste Intrados/Extrados. Les coloris sont identiques des 2 cotés : soit vous volez autour de vous, soit vous améliorez le contraste avec un complément de décor pêchu pour aller jouer avec les buses au loin.
Le deuxième truc, c’est qu’avec une course de 70/80° sur les volets, la correction à la profondeur est nécessaire (vraiment nécessaire !!). J’ai régler 35% de compensation à piquer. Ce ne sera pas forcément la même chose pour vous (futur heureux propriétaire d’Avia !!) mais ce n’est pas rien et il faut faire plusieurs essais pour trouver le bon réglage. AVANT de commander les volets en séquence atterrissage, mettre l’Avia en descente prononcée. Sinon, c’est une figure très prisée par les pilotes hélico : le « Cobra », la machine s’arrête nez en l’air et repart en piqué plus ou moins décroché. Il reste à affiner le réglage de compensation, jusqu’au moment où il se stabilise sur sa pente de descente.
Je n’ai pas pris les mêmes options de montage mais si vous avez l’occasion de lire le Fly Test de Jean-Louis, il décrit fort bien le plaisir que j’éprouve au pilotage et au retour sur la planète avec cet engin.
En conclusion : adieu l’Alpha et vive les planeurs modernes et surtout l’Avia.